L’europe face à la culture anglosaxonne et google ?

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Google a annoncé récement qu’il souhait numériser et mettre en ligne d’ici à 2015 quinze millions d’ouvrages. Selon J.N. Jeanneney, président de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), le projet pharaonique de Google requiert une “contre-attaque” européenne.

Selon Jean-Noël Jeanneney, ce projet sera forcément mené “dans un esprit américain”, le projet, que certains appelent “omnigooglization”, va apparemment dans le sens de “la grande bibliothèque immatérielle” rêvéé depuis longtemps, capable de fournir à tous l’ensemble des savoir du monde.

Mais en europe, on s’inquiète, Jean-Michel Jeanneney affirme que l’on risque d’aboutir à “une domination écrasante de l’Amérique dans la définition de l’idée que les prochaines générations se feront du monde”. Mercredi, il a de nouveau appelé à “une décision politique” de la part des instances de l’Union européenne. 

A la mi-décembre, l’opérateur du moteur de recherche le plus utilisé au  monde a annoncé son intention de scanner et de diffuser sur la toile les volumes de quatre prestigieuses bibliothèques universitaires américaines (Stanford,  Michigan, Harvard, New York Public Library) ainsi que britannique (Oxford). Les  ouvrages de plus de 70 ans seront diffusés intégralement, les autres ne le  seront que sous forme d’extraits. Le coût de l’opération est estimé entre 150 et 200 millions de dollars.

En réponse la BNF va lancer un programme de numérisation de la presse française et de mise en ligne gratuite des archives obtenues. Le but est de “rendre mieux accessibles les médias traditionnels”, a souligné Jean-Noël Jeanneney, président de la BNF.

Le programme quinquennal (2005-2009) de la BNF prévoit la numérisation des titres allant du XIXe siècle à la fin de la seconde guerre mondiale. Dès 2006, seront mis en ligne sur le site Gallica quatre quotidiens : Le Figaro (de sa naissance en 1826 jusqu’à la seconde guerre mondiale), La Croix (dès 1883), L’Humanité (dès 1904) et Le Temps (dès 1861). Ce dernier titre a disparu en 1942.

Dix-huit autres quotidiens seront ensuite numérisés, dont Le Journal des débats, Le Siècle, Le Petit Journal, Le Petit Parisien ou Le Matin. M. Jeanneney ajoute que la presse régionale ne sera pas oubliée puisque des discussions sont conduites avec Ouest-France, afin de numériser son “ancêtre” Ouest-Eclair.

Ce programme de mise en ligne suppose de triompher de plusieurs défis. Technique, d’abord, puisque les journaux anciens sont imprimés sur un papier difficile à numériser, car fragile. Financier, ensuite. Le coût total de l’opération se monte à 3,5 millions d’euros sur les cinq prochaines années, somme qui sera prise sur le budget de la BNF. Le Sénat devrait apporter une aide de 450 000 euros sur les trois prochaines années. La BNF cherche d’autres partenaires afin de partager les frais de développement des outils de navigation dans cette future base d’archives.

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